L’équipe de Désert et Montagne Maroc menée par Jean-Pierre vient de rentrer d’une expédition de repérage depuis l’extrémité de l’Anti-Atlas occidental jusqu’au Sud Ouest d’Agadir.

Ce fut une randonnée forte en couleurs, en vécu, en découvertes. La biodiversité de cette région là du Maroc est exceptionnelle. Il n’est ainsi pas rare d’observer des sangliers et mouflons dans les montagnes, des nids d’aigles dans les gorges et quelques gazelles peu sauvages sur les plateaux.

Réaliser un trek d’une durée de 11 jours avec mulets dans cette région est assez compliqué car il n’y a plus de mulets, et depuis longtemps, dans cette endroit déserté dès le début du XXème siècle en raison des sècheresses répétées. Seuls quelques personnes persistent à vivre dans ces villages accrochés aux flancs des montagnes de granit rose.

Les sentiers des muletiers qui traversaient ces barrières rocheuses sont ainsi trop abimés pour que nous puissions amener des mulets du Saghro ou de l’Atlas en camion. C’est pourquoi chaque soir nous avions rendez-vous avec un pickup chargé du matériel (tentes et nourriture) avec l’équipe des cuisiniers. Deux accompagnateurs nous ont suivi à pied durant la journée pour le transport du pique-nique.

La randonnée nous mènent entre les villages et montagnes du Jbel Lkest. Au sommet de ce piton rocheux nécessitant pour l’atteindre un peu d’escalade facile, nous y avons découvert une mosquée d’un âge ancien à l’altitude de 2350 mètres. Large de 2 mètres 20 sur 18 mètres de longueur et avec une hauteur de 1 m 70 de hauteur, cet édifice est semi enterré dans une faille. C’est ici le lieu d’un pèlerinage envers un saint dont le nom même aura été oublié. Deux citernes d’eau y sont enterrées (Tanout’fi) dont une encore intacte, en probable lieu de repli à l’époque des guerres tribales. Sur les terrasses alentours, des bivouacs peuvent s’aménager pour recevoir des centaines de personnes.

La traversée de plateaux et des gorges profondes, faites de roches granitiques roses, et des plaines arides, nous font découvrir ensuite des greniers fortifiés appelés dans cette région « Agadir ».

C’est là un voyage dans l’histoire du Sud Maroc. Les anciens nous apprennent que la peur des lendemains jointe à la crainte d’une attaque surprise d’une tribu du désert ont autrefois rendu les communautés humaines solidaires devant le danger et les ont ainsi amené à construire ces greniers collectifs. Il fallait protéger le grain et assurer la survie des tribus. Ils enfermèrent alors toutes les richesses dans ces citadelles inaccessibles.

La randonnée se termine dans les palmeraies du Sud au sein d’une auberge où un tajine au chameau nous est proposé à la lisière du grand désert ouvrant sur les routes transsahariennes, vers Smara et l’Afrique Subsaharienne.

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